L’étiquette secrète de la cour, et ce qu’elle nous apprend encore
Pourquoi gratter plutôt que frapper ? Pourquoi un tabouret valait-il une querelle ? Douze codes de la cour, expliqués par ceux qui les ont vus appliquer, et ce qu’ils nous apprennent encore.
Le lever et le coucher◆La précédence◆Gratter, ne pas frapper◆À table◆L’art de la conversation◆L’habit◆Saluer◆Être présenté(e) à la cour◆Écrire◆Recevoir◆Le silence, le secret et l’escalier dérobé◆Quand l’étiquette se brise◆Le lever et le coucher◆La précédence◆Gratter, ne pas frapper◆À table◆L’art de la conversation◆L’habit◆Saluer◆Être présenté(e) à la cour◆Écrire◆Recevoir◆Le silence, le secret et l’escalier dérobé◆Quand l’étiquette se brise◆
Une gravure du livre
Approchez-vous
Un soir d’Appartement sous Louis XIV, gravé par Antoine Trouvain en 1694. Touchez un numéro : chaque détail vous conduit au chapitre X, “Recevoir”.
Antoine Trouvain, Troisième appartement, 1694. Paris Musées / musée Carnavalet, CC0.
Détail 1 sur 5
Tout parfaitement éclairé
Dans l’enfilade du Grand Appartement, Saint-Simon décrit une musique, des tables de jeu dans toutes les pièces, un billard, une salle de rafraîchissements, “et tout parfaitement éclairé”.
Saint-Simon, Mémoires · chapitre X et bonus
Détail 2 sur 5
Une liberté rare
L’hiver, il y avait “appartement” trois fois la semaine. Dans une cour où chaque place était réglée, Saint-Simon souligne la “liberté entière de faire des parties avec qui on vouloit, et de demander des tables si elles se trouvoient toutes remplies”.
Saint-Simon, Mémoires · chapitre X
Détail 3 sur 5
Jouer sans se trahir
Le jeu avait ses manières. On ne montre ni empressement ni envie de gagner, ce qui “marque la petitesse de l’esprit & de la condition” ; au billard ou à la paume, pas de postures “ridicules & grotesques”.
Antoine de Courtin, Nouveau traité de la civilité, éd. 1700 · chapitre X
Détail 4 sur 5
Être là, même sans le roi
Sur la gravure, le roi est à la partie. Saint-Simon note pourtant qu’après y avoir joué quelque temps au début, il n’y allait plus ; il voulait “qu’on y fût assidu, et chacun s’empressoit à lui plaire”. L’absent restait le maître de maison.
Saint-Simon, Mémoires · chapitre X
Détail 5 sur 5
Qui est qui
La légende gravée nomme, au premier plan, le roi (n° 1), Monsieur (n° 2) et le duc de Chartres (n° 3). C’est un soir d’Appartement, en janvier 1692, que fut annoncé le mariage du duc de Chartres : Saint-Simon trouve “le monde par pelotons, et un grand étonnement régner sur tous les visages”.
Saint-Simon, Mémoires · chapitre X
La méthode
Chaque chapitre, le même chemin
Cinq étapes, de la règle au savoir-vivre d’aujourd’hui. Exemple : le chapitre III, “Gratter, ne pas frapper”.
1 · La règle
Ce qui se faisait
“A la porte des chambres ou du cabinet, c’est ne pas sçavoir le monde que de heurter ; il faut grater.”
Antoine de Courtin, éd. 1700
2 · Le témoin
Celui qui l’a vu
“Un de la suite de M. de Lorraine gratta, l’huissier demanda : ‘Qui est-ce ?’”
Saint-Simon, 25 novembre 1699
3 · Ce qu’elle révélait du pouvoir
Le nom qui ouvre
Le même homme, à la même porte, est refusé ou admis selon le titre qu’il s’attribue.
4 · Mythe ou document ?
L’ongle du petit doigt
Les courtisans le laissaient-ils pousser pour gratter ? Nous n’avons trouvé aucun texte d’époque qui l’atteste : à tenir pour une légende.
5 · Et aujourd’hui ?
Frappez, puis attendez
Frapper et entrer dans le même mouvement revient à ne pas frapper du tout.
Le sommaire
Ce que contient le livre
Un avant-propos, douze chapitres, un bonus pour visiter Versailles et trois annexes.
Chapitres
ILe lever et le coucherApprocher le roip. 12
IILa précédenceQui passe devant qui : rang, tabouret, fauteuilp. 23
IIIGratter, ne pas frapperPortes, battants et antichambresp. 33
IVÀ tableGrand couvert, petit couvert, le cadenasp. 43
VL’art de la conversationParler peu, écouter beaucoup, ne blesser personnep. 53
VIL’habitJustaucorps à brevet, grand habit, deuil de courp. 63
VIISaluerRévérence, chapeau, distancep. 74
VIIIÊtre présenté(e) à la courPreuves, grand habit et trois révérencesp. 84
IXÉcrireBillets, lettres, formulesp. 94
XRecevoirSoirs d’Appartement, “Sire, Marly !”, le jeup. 104
XILe silence, le secret et l’escalier dérobéCe qui se taisait, ce qui passait par derrièrep. 114
XIIQuand l’étiquette se briseMarie-Antoinettep. 124
Avant-propos
Pourquoi une étiquette ?Un code écrit nulle part en entierp. 5
Bonus
Où voir ces codes à Versailles aujourd’huiUne promenade, chapitre par chapitrep. 134
Annexes
ILexique de courCinquante mots pour lire Versaillesp. 142
IIChronologie1682-1789p. 148
IIIBibliographie commentéePour aller plus loinp. 153
Six pages tirées du livre tel que vous le recevrez : format A5, mis en page pour la lecture à l’écran.
Une ouverture de chapitreChapitre X, “Recevoir” (p. 104)Un encadré “Mythe ou document ?”La brioche de Rousseau, chapitre XII (p. 130)Une gravure et sa légendeTrouvain, Troisième appartement, 1694 (p. 112)“Et aujourd’hui ?”Le savoir-vivre de la préséance, chapitre II (p. 30)Le lexique de courCinquante mots pour lire Versailles (p. 143)Le sommaireDouze chapitres, un bonus, trois annexes (p. 4)
Faites glisser →
Dans chaque chapitre
Mythe ou document ?
Un encadré confronte une idée reçue aux textes. Quatre exemples tirés du livre.
“Qu’ils mangent de la brioche !”
Faux pour Marie-Antoinette
Rousseau rapporte la phrase dans le livre VI de ses Confessions, à propos d’“une grande princesse” anonyme. Ces pages ont été rédigées dans la seconde moitié des années 1760, avant l’arrivée en France de la Dauphine (1770).
Chapitre XII · Rousseau, Les Confessions, Genève, 1782
“Toute la cour regardait le roi sortir du lit.”
Mythe
Le réveil n’avait pour témoins que le valet de chambre, les médecins, la nourrice, puis les détenteurs des entrées familières. La foule n’entrait qu’après la robe de chambre, quand le roi était assis et se chaussait.
Chapitre I · Saint-Simon ; Luynes, 11 juin 1737
“À Versailles, on mangeait avec les doigts.”
Faux pour les gens bien élevés
Le traité de Courtin prescrit la fourchette pour tout ce qui est gras ou en sauce : il est “très-indécent de toucher à quelque chose de gras […] avec les doigts”. Les fruits crus et les cerneaux, en revanche, se prennent à la main.
Chapitre IV · Courtin, Nouveau traité de la civilité, éd. 1700
“L’exactitude est la politesse des rois.”
Sans source contemporaine sûre
La maxime est traditionnellement attribuée à Louis XVIII, sans source contemporaine sûre. Elle n’en reste pas moins juste : celui qui arrive à l’heure rend le temps des autres prévisible.
Chapitre I · “Et aujourd’hui ?”
Qui parle dans ce livre
Les témoins
Aucune scène n’y est inventée ; aucun dialogue n’y est prêté à un personnage s’il n’a pas été rapporté par un témoin. Les voici, avec leurs partis pris.
Saint-Simon1675-1755 · duc et pair
Personne n’a décrit comme lui la mécanique des rangs ; ses jugements sont à prendre avec précaution.
Dangeau1638-1720 · le Journal
Jour après jour, les nouvelles de la cour, avec une sécheresse presque comptable. Il juge peu.
Le duc de Luynes1695-1758 · la cour de Louis XV
Un greffier de l’étiquette : qui s’assied où, quelle porte s’ouvre, qui baise le bas de la robe.
Mme Campan1752-1822 · première femme de chambre de Marie-Antoinette
Elle a tout vu de près ; elle est aussi l’avocate de la reine.
Et aussi La Bruyère, Antoine de Courtin, Pierre Rameau, Mme de Sévigné, la Palatine, le comte d’Hézecques, la baronne d’Oberkirch, la marquise de La Tour du Pin et le Dictionnaire de Trévoux. Les citations sont reproduites dans l’orthographe de l’édition utilisée, et chaque chapitre se termine par la liste de ses sources, avec l’édition, la date et la page.
Avant de commander
Vos questions
Comment vais-je recevoir le livre ?
C’est un livre numérique au format PDF. Dès la confirmation du paiement, vous recevez par e-mail l’accès au fichier, que vous pouvez télécharger aussitôt.
Sur quel appareil puis-je le lire ?
Sur tout appareil qui ouvre un PDF : ordinateur, tablette, liseuse compatible ou téléphone. La mise en page, au format A5, a été pensée pour la lecture à l’écran.
Combien de pages compte-t-il ?
158 pages : un avant-propos, douze chapitres, un bonus (“Où voir ces codes à Versailles aujourd’hui”) et trois annexes (un lexique de cinquante mots de la cour, une chronologie 1682–1789 et une bibliographie commentée).
Est-ce un roman ou un livre d’histoire ?
Un livre d’histoire, écrit pour être lu avec plaisir. Ce n’est pas un roman : aucune scène n’y est inventée. Ce n’est pas non plus un manuel de snobisme : chaque chapitre se termine par quelques conseils de savoir-vivre que ces usages anciens éclairent encore.
Les sources sont-elles vérifiées ?
Chaque citation est reproduite d’après l’édition utilisée (mémoires, lettres, traités de civilité, dictionnaires), et chaque chapitre se termine par la liste de ses sources, avec l’édition, la date et la page. Quand deux témoins se contredisent, les deux versions sont données ; quand une phrase célèbre n’a pas de source, le livre le dit ; une rumeur est présentée comme une rumeur.
Et si le livre ne me plaît pas ?
Satisfait ou remboursé pendant 15 jours : si le livre ne vous convient pas, demandez le remboursement dans les 15 jours qui suivent l’achat.
Qui publie ce livre ?
Les Éditions Escalier Dérobé, maison consacrée à l’envers de l’histoire. Le livre est signé par la maison ; ses voix sont celles des témoins de la cour.
Les Codes de Versailles
Entrez par l’escalier dérobé
Derrière le cérémonial, les raisons du cérémonial : douze codes de la cour, et ce qu’ils nous apprennent encore.